Une
anomalie dans le comportement ferromagnétique des nanostructures.
Les matériaux ferromagnétiques
tels le fer, le cobalt ou le nickel s'aimantent sous l'action d'un
champ magnétique extérieur : cette aimantation augmente avec l'intensité
du champ pour finalement atteindre une valeur de saturation caractéristique
du matériau. Cette valeur dépend de la température : elle augmente
quand la température décroît, et ces variations de l'aimantation
suivent la loi de Bloch, en T3/2 (où T est la température absolue).
Une publication récente de chercheurs du NIST (National
Institute of Standards) dans Physical Review Letters rapporte que
les matériaux ferromagnétiques nanostructurés peuvent ne plus suivre
cette loi dans le domaine des très basses températures, avec une
aimantation qui augmente beaucoup plus rapidement que prévu par
la théorie à l'approche du zéro absolu. Les auteurs pensent que
cette anomalie qu'ils décrivent comme un retournement de l'aimantation
peut être due au phénomène quantique connu sous le nom de condensation
de Bose-Einstein.
Dans leur article, les chercheurs proposent d'étendre
la validité de la loi de Bloch aux nanostructures en introduisant
un terme d'énergie supplémentaire associé au processus qui dépend
de la température. Il s'agit maintenant pour les chercheurs de déterminer
quelle est l'influence de la taille, de la forme et des autres caractéristiques
de ces nanosystèmes magnétiques sur la condensation de Bose-Einstein.
Ce sont des questions fondamentales pour la compréhension du ferromagnétisme,
mais dont les implications technologiques peuvent s'avérer importantes,
notamment pour la spintronique ou l'enregistrement magnétique.
- Sources : Delo, 24/03/2005
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